Skip to main content

Cabinet de recrutement Bruxelles Archetype

Recrutement

Account Manager ou Business Developer : comment les différencier avant de recruter

Temps de lecture
13 min
Publié le

Résumer cet article avec :

Sales Manager présentant les objectifs trimestriels et le pipeline à son équipe commerciale
Sommaire

Un Business Developer est payé pour faire entrer des clients qui n’achètent pas encore chez vous. Un Account Manager est payé pour que les clients que vous avez déjà achètent plus, plus longtemps, et ne partent pas chez un concurrent. Tout le reste en découle : les missions, les indicateurs, le profil, la façon de les rémunérer et l’ordre dans lequel les recruter. Cet article s’adresse au dirigeant ou au directeur commercial qui hésite entre les deux intitulés, ou qui soupçonne que son équipe les a mélangés. Quand le portefeuille compte des clients stratégiques, la question devient celle du recrutement d’un Key Account Manager, que nous abordons plus bas.

En bref
  • Le Business Developer ouvre des comptes (hunting), l’Account Manager développe et protège ceux qui existent (farming).
  • Dans les PME belges, les deux intitulés couvrent souvent des postes hybrides : ce qui compte est la part du chiffre d’affaires attendue du nouveau et de l’existant, écrite noir sur blanc.
  • Les indicateurs diffèrent : rendez-vous qualifiés et nouveaux comptes d’un côté, rétention, croissance du portefeuille et marge de l’autre.
  • Le variable aussi : on paie l’acquisition chez l’un, la fidélité et la progression des comptes chez l’autre. Mal calibré, il pousse chacun à faire le métier de l’autre.
  • En Belgique, un Business Developer terrain peut relever du statut de représentant de commerce, avec une indemnité d’éviction possible s’il a apporté une clientèle.

La différence tient en une question : d’où viendra le chiffre d’affaires ?

Prenez votre budget commercial de l’an prochain et coupez-le en deux colonnes. Dans la première, le chiffre que vous attendez de clients qui ne vous connaissent pas encore. Dans la seconde, celui que vous attendez de clients existants : renouvellements, commandes récurrentes, nouvelles gammes vendues à des acheteurs qui vous font déjà confiance. La première colonne est le terrain du Business Developer. La seconde, celui de l’Account Manager.

Le vocabulaire anglo-saxon parle de hunter et de farmer, le chasseur et l’éleveur. L’image est commode, à condition de ne pas en tirer la conclusion que l’Account Manager serait un commercial passif. Un portefeuille qu’on se contente d’entretenir s’érode chaque année : des acheteurs changent, des concurrents démarchent vos clients, des contrats arrivent à échéance. L’Account Manager conquiert lui aussi, mais à l’intérieur de comptes déjà ouverts. Nous avons détaillé le choix entre les deux approches selon la durée de votre cycle dans notre article hunting vs farming : bien recruter selon votre cycle de vente.

CritèreBusiness DeveloperAccount Manager
Point de départUn marché, un segment ou une zone où l’entreprise vend peu ou pasUn portefeuille de clients existants, souvent hérité
MissionIdentifier, approcher, convaincre et signer de nouveaux clientsFidéliser, renouveler, vendre davantage aux clients en place
Activité dominanteProspection, qualification, premiers rendez-vous, offresSuivi régulier, revues de compte, ventes additionnelles, gestion des incidents
Rapport à l’échecLa plupart des contacts n’aboutissent pas, et c’est normalChaque client perdu pèse lourd sur le résultat
Indicateurs principauxRendez-vous qualifiés, pipeline créé, nouveaux comptes signésTaux de rétention, croissance du chiffre d’affaires par compte, marge
Variable typiqueIndexé sur l’acquisition, parfois avec une prime par nouveau compteIndexé sur la progression et la fidélité du portefeuille
Moteur personnelLe gain, la nouveauté, la victoire rapideLa relation dans la durée, le service, la construction
Erreur de casting fréquenteRecruter un gestionnaire rassurant qui ne décroche jamais le téléphoneRecruter un chasseur qui s’ennuie dès que le compte est signé
Account Manager et Business Developer : ce qui sépare réellement les deux fonctions

Pourquoi l’intitulé ne suffit pas sur le marché belge

Les définitions ci-dessus sont nettes. Les fiches de poste, elles, le sont rarement. Dans les offres que nous publions pour nos clients, un Account Manager terrain dans le Hainaut doit aussi prospecter de nouveaux clients dans sa région, et un Business Developer en Wallonie gère le cycle complet, de la prospection au suivi des commandes. Sur un marché de la taille de la Belgique, beaucoup de PME ne peuvent pas payer deux personnes sur la même zone. Elles confient l’ouverture et la gestion au même commercial et choisissent le titre qui leur semble le plus attractif.

Le poste hybride se défend. Ce qui coûte cher, c’est de ne pas dire dans quelle proportion. Un « Account Manager » qui passe en réalité la moitié de ses journées en prospection à froid n’a pas été recruté pour ce métier, et il le découvre trop tard. Une phrase suffit dans la description de poste : « 60 % du chiffre d’affaires attendu sur le portefeuille existant, 40 % sur de nouveaux comptes dans la zone ». Elle oriente le sourcing, l’entretien et le variable.

Le titre de Business Developer recouvre lui-même plusieurs métiers, du prospecteur pur au commercial qui ouvre une nouvelle activité de bout en bout. Nous comparons ces variantes dans notre article sur les différences entre un Business Developer et un commercial classique.

L’avis de l’expert

Nous sommes spécialistes : Sales, Marketing, Management. Pas généralistes. Quand un cabinet généraliste recrute un Sales Director, il lit le CV. Nous, on connaît la réalité du métier : les vrais arbitrages entre prospection et fidélisation, ce que veut dire piloter une équipe distribuée trilingue sur le Benelux, comment se structure une stratégie commerciale qui tient en B2B complexe. C’est cette connaissance terrain qui sépare un placement qui dure d’un placement qui craque à 18 mois.

La méthode Archetype, depuis 1993

Missions : à quoi ressemble la semaine de chacun

La différence se voit mieux dans un agenda que dans une définition.

La semaine d’un Business Developer

Il commence par une liste : entreprises cibles, interlocuteurs à joindre, relances à faire. Une bonne partie de sa semaine passe en appels, messages et visites pour obtenir des premiers rendez-vous. Le reste va à la qualification (ce prospect a-t-il un besoin, un budget, un calendrier ?), à la préparation d’offres et aux négociations de premier contrat. Il remonte aussi à la direction ce que le marché répond : objections, concurrents installés, prix pratiqués. Sur un segment neuf, cette information vaut presque autant que les premiers contrats.

La semaine d’un Account Manager

Il part de son portefeuille. Il voit en priorité les clients dont les commandes baissent, ceux dont le contrat arrive à échéance et ceux qui n’achètent qu’une partie de votre gamme. Il prépare des revues de compte, règle avec le service client ou la logistique un problème de livraison, négocie un renouvellement de prix, propose une gamme que le client n’a pas encore essayée. Sa valeur se mesure souvent à ce qui n’arrive pas : le client qui ne part pas, la hausse de prix qui passe sans appel d’offres. Quand quelques comptes de ce portefeuille pèsent très lourd dans votre chiffre d’affaires, on entre dans le métier de Key Account Manager, plus senior, dont nous décrivons les frontières dans Account Manager ou Key Account Manager : quelle différence pour votre stratégie commerciale.

Account Manager en revue de compte avec un client dans ses locaux en Belgique
L’Account Manager développe des comptes déjà ouverts : sa valeur se lit souvent dans le client qui ne part pas.

Quels KPI pour un Account Manager et pour un Business Developer ?

L’erreur la plus fréquente consiste à mesurer les deux au même chiffre : le chiffre d’affaires du trimestre. Pour un Account Manager, c’est presque juste, à condition de corriger l’effet du portefeuille hérité. Pour un Business Developer, c’est injuste les premiers mois : selon la longueur de votre cycle, ses premières signatures arrivent après plusieurs mois de travail invisible dans les chiffres. Il faut donc suivre, pour chacun, des indicateurs avancés (ce qu’il fait aujourd’hui) et des indicateurs de résultat (ce que cela rapporte plus tard).

Type d’indicateurBusiness DeveloperAccount Manager
ActivitéContacts engagés, premiers rendez-vous obtenusRevues de compte tenues, clients visités dans la période
AvancéPipeline créé, en valeur et en nombre d’affaires qualifiéesContrats à renouveler sécurisés à l’avance, opportunités ouvertes chez les clients existants
RésultatNouveaux comptes signés, chiffre d’affaires des nouveaux comptesRétention des clients et du chiffre d’affaires, croissance par compte
QualitéTaux de transformation des rendez-vous, taille moyenne du premier contratMarge du portefeuille, nombre de gammes achetées par client
Signal d’alertePipeline qui dépend de deux ou trois affairesBaisse de commandes non expliquée chez un client important
Les indicateurs à suivre pour chaque fonction, des plus précoces aux plus tardifs

Trois ou quatre indicateurs par fonction suffisent, annoncés dans la description de poste et revus chaque trimestre. Un Business Developer qui atteint ses objectifs d’activité mais ne signe rien après deux cycles complets pose une question de qualification ou de discours. Un Account Manager dont la rétention est bonne mais dont aucun compte ne progresse gère son portefeuille sans le développer.

Le profil : ce qui les distingue en entretien

Sur le papier, les CV se ressemblent : mêmes études, mêmes secteurs, parfois les mêmes employeurs. La différence se trouve dans les moteurs. Un bon Business Developer supporte un volume élevé de refus sans perdre son rythme, aime la nouveauté et a besoin de victoires régulières. Il s’use quand plusieurs mois passent sans signature. Un bon Account Manager trouve sa satisfaction dans une relation qui dure, dans un problème client réglé, dans un compte qui grandit d’année en année. Il s’use dans un rôle qui le renvoie sans cesse à la prospection à froid.

En entretien, demandez des faits plutôt que des qualités. Au candidat Business Developer : combien de nouveaux comptes a-t-il ouverts sur ses deux derniers postes, partant de quoi, avec quelle méthode de prospection ? Au candidat Account Manager : quels comptes a-t-il fait progresser, lesquels a-t-il perdus et pourquoi ? La seconde réponse montre vite si le candidat a développé ses comptes ou s’est contenté de les gérer. Les mises en situation et un test de personnalité complètent la lecture : le modèle KOAN que nous utilisons depuis 30 ans pour les profils commerciaux distingue par exemple la persévérance de l’orientation client, deux dimensions qui ne pèsent pas le même poids selon le poste.

Pour un poste qui évolue vers la gestion de comptes stratégiques, la grille de compétences change encore. Nous l’avons détaillée dans notre article sur les compétences indispensables d’un Key Account Manager.

Rémunération : on ne paie pas la même chose

Fixe, variable, avantages extra-légaux et souvent voiture de société pour un poste terrain : le package belge se ressemble d’un métier à l’autre. C’est la structure du variable qui doit marquer la différence.

Chez le Business Developer, le variable récompense l’acquisition : chiffre d’affaires des nouveaux comptes, prime par compte ouvert au-delà d’un seuil de taille, parfois un objectif d’activité pendant la montée en régime. Prévoyez cette période de démarrage dans le plan de rémunération : un variable inatteignable pendant les six premiers mois fait partir les meilleurs, qui ont d’autres offres. Chez l’Account Manager, le variable récompense la progression du portefeuille et sa fidélité : croissance du chiffre d’affaires des comptes, marge, renouvellements. Calculé sur le seul chiffre d’affaires total, il paie aussi des commandes qui seraient arrivées sans lui.

Deux pièges reviennent dans les plans que nous voyons. Payé sur les nouveaux comptes, l’Account Manager délaisse ses clients, la source la plus sûre de votre chiffre. Payé sur le chiffre total d’un portefeuille, le Business Developer soigne les clients qu’il a signés au lieu d’en chercher d’autres. Fixez aussi la règle de bascule : à partir de quand un compte ouvert par le Business Developer passe-t-il à l’Account Manager, et qui touche le variable pendant la transition ? Les niveaux de salaire du côté de la gestion de comptes sont détaillés dans notre article sur le salaire d’un Account Manager en Belgique.

Le point juridique propre à la Belgique

Un commercial salarié dont l’activité principale et constante consiste à prospecter et visiter une clientèle pour négocier ou conclure des affaires, sous l’autorité de son employeur, relève du contrat de représentant de commerce, selon le SPF Emploi. La conséquence la plus concrète se joue à la fin du contrat. L’article 101 de la loi du 3 juillet 1978 prévoit une indemnité d’éviction pour le représentant qui a apporté une clientèle, lorsque l’employeur met fin au contrat sans motif grave ou que le représentant le rompt pour motif grave. Elle est due après un an d’occupation et vaut trois mois de rémunération pour une ancienneté de un à cinq ans, un mois de plus par période supplémentaire de cinq ans, sauf si l’employeur prouve que la rupture ne cause aucun préjudice. Apporter une clientèle, c’est précisément le métier du Business Developer. Faites qualifier le contrat par votre secrétariat social avant la signature, et tenez compte de ce coût de sortie dans votre calcul.

Organiser l’équipe : qui recruter en premier, et quand séparer les rôles

Revenez aux deux colonnes du budget. Si la croissance des trois prochaines années doit venir surtout de clients que vous n’avez pas, le premier recrutement est un Business Developer. Si votre portefeuille est solide mais sous-exploité (des clients qui n’achètent qu’une gamme, une concentration sur quelques comptes, des départs qu’on n’a pas vus venir), commencez par un Account Manager. Un bon Account Manager peut rapporter plus vite, parce qu’il travaille sur des clients qui vous connaissent déjà.

Séparer les deux rôles se justifie quand trois signaux apparaissent ensemble : vos commerciaux hybrides ne prospectent plus parce que leurs clients remplissent l’agenda, des comptes se perdent faute de suivi pendant que l’équipe chasse, et le volume de nouveaux clients suffit à alimenter un portefeuille à part. Avant ce seuil, un poste hybride bien décrit vaut mieux que deux postes à moitié remplis. Une fois les rôles séparés, la passation des comptes devient le premier sujet de friction de l’équipe. Nous avons décrit les règles qui l’apaisent dans notre article Commercial Grands Comptes ou Business Developer : qui fait quoi.

Dans les entreprises qui vendent des solutions, un troisième intitulé s’ajoute : l’Account Executive, chargé de conclure les affaires que d’autres ont qualifiées. Sa place par rapport au gestionnaire de comptes stratégiques est discutée dans notre article Account Executive ou Key Account Manager : de qui avez-vous besoin.

Les erreurs de recrutement qui coûtent le plus cher

La première consiste à chercher un profil « à la fois chasseur et éleveur, autonome et orienté relation », sans chiffrer la part de chaque métier. Cette annonce attire surtout des candidats qui se reconnaissent dans les deux et ne sont excellents dans aucun. La deuxième est de promouvoir son meilleur Account Manager sur un poste d’ouverture parce qu’il « connaît bien le produit » : il connaît surtout des clients qui l’apprécient, et il découvre le refus à froid sans y avoir été préparé. La troisième vient du package : recruter un Business Developer avec un variable de gestionnaire de comptes, ou l’inverse, puis s’étonner qu’il fasse ce pour quoi il est payé.

Ces trois erreurs se décident avant la première annonce, au moment du brief. C’est pour cela que nous consacrons le premier appel d’une mission à challenger la fonction et à écrire le scorecard du poste, avant de chercher le moindre candidat.

Questions fréquentes sur l’Account Manager et le Business Developer

Quelle est la différence entre un Account Manager et un Business Developer ?

Le Business Developer conquiert de nouveaux clients : prospection, qualification, premiers contrats. L’Account Manager développe et fidélise les clients existants : renouvellements, ventes additionnelles, suivi. Ils se mesurent et se rémunèrent différemment, même quand une PME confie les deux missions à la même personne.

Un Account Manager fait-il de la prospection ?

Souvent, en Belgique, surtout sur un poste terrain régional. La prospection n’est alors pas son activité principale. Écrivez la part du chiffre d’affaires attendue de nouveaux comptes dans la description de poste, sinon le candidat découvrira la réalité après son arrivée.

Hunter ou farmer : lequel recruter en premier ?

Celui qui correspond à la source de votre croissance. Si elle doit venir de nouveaux clients, recrutez un Business Developer. Si votre portefeuille existant est sous-exploité ou trop exposé au départ de quelques clients, commencez par un Account Manager.

Comment rémunérer un Business Developer et un Account Manager ?

Avec un fixe, des avantages extra-légaux et un variable dont la base diffère : l’acquisition de nouveaux comptes pour le Business Developer, avec une période de montée en régime, la croissance et la fidélité du portefeuille pour l’Account Manager. Fixez aussi la règle de bascule des comptes entre les deux.

Un Business Developer peut-il devenir Account Manager ?

Oui, mais la transition n’a rien d’automatique. Un chasseur habitué aux victoires rapides peut s’ennuyer dans un métier où les résultats se construisent sur des mois. Une évaluation de ses moteurs avant le changement de poste évite de perdre un bon commercial en voulant le récompenser.

Distinguer l’Account Manager du Business Developer revient à décider d’où viendra votre chiffre d’affaires, puis à écrire cette décision dans le poste, les indicateurs et le variable. Nous menons ce travail avec vous au premier appel, que la mission porte sur un recrutement d’Account Manager, un recrutement de Business Developer ou, pour vos clients les plus stratégiques, sur le recrutement d’un Key Account Manager expérimenté. Depuis 33 ans, c’est à cette étape que se décide la solidité d’un recrutement commercial.

Steve Diamant

Rédigé par

Steve Diamant

Associé, Business Development, Sales & Marketing · Archetype

Associé chez Archetype, le cabinet bruxellois fondé en 1993 par son père Marc Diamant, Steve accompagne les entreprises dans le recrutement de leurs profils Sales et Marketing en Belgique. Il a auparavant travaillé en transformation digitale à Genève et dans la communication d’événements de la Commission européenne.

Relu et validé par Davy Diamant, Managing Partner, Senior Consultant

Parlons de votre besoin

Recrutement · Formation · Évaluation

Chargement du formulaire…