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Cabinet de recrutement Bruxelles Archetype

Comment structurer les BSPCE ou l’equity pour un Head of Sales ?

Fondateur expliquant un plan d options sur actions a un candidat Head of Sales

Commençons par le point qui fait perdre le plus de temps aux fondateurs : le BSPCE est un dispositif français. Il n’existe pas en droit belge, et aucune structure établie en Belgique ne peut en attribuer. Les articles, modèles de contrat et simulateurs trouvés en ligne décrivent donc un mécanisme qui ne s’applique pas ici. La Belgique dispose de ses propres instruments, avec une logique fiscale radicalement différente – et cette différence change complètement la manière de construire un package pour un Head of Sales.

En bref

  • Le BSPCE est français : en Belgique, l’équivalent fonctionnel est le plan d’options sur actions ou de warrants régi par la loi du 26 mars 1999.
  • Particularité belge décisive : l’imposition intervient à l’octroi, pas à la revente. Le bénéficiaire paie un impôt avant d’avoir gagné quoi que ce soit.
  • L’avantage imposable est fixé forfaitairement à 18 % de la valeur des actions sous-jacentes, réduit à 9 % si le plan respecte quatre conditions cumulatives.
  • Ces conditions imposent notamment un blocage : pas d’exercice avant la fin de la troisième année civile suivant l’offre, et pas de cession entre vifs.
  • Un plan mal expliqué produit l’effet inverse de celui recherché : le candidat perçoit une charge fiscale immédiate là où l’employeur croit offrir un cadeau.

Pourquoi le vocabulaire français ne fonctionne pas en Belgique

Le bon de souscription de parts de créateur d’entreprise a été conçu par le législateur français pour les jeunes sociétés, avec une fiscalité différée au moment de la cession des titres. Le bénéficiaire ne paie rien tant qu’il n’a rien encaissé. C’est ce qui rend l’instrument populaire dans l’écosystème français.

La Belgique a fait le choix inverse. Un fondateur belge qui reprend un modèle français de plan d’intéressement expose ses collaborateurs à une mauvaise surprise et s’expose lui-même à une requalification. La confusion est fréquente dans les entreprises franco-belges et dans celles dont les investisseurs sont français : le terme circule dans les discussions de levée sans que personne ne vérifie ce qu’il recouvre localement.

Les instruments réellement disponibles en Belgique

InstrumentPrincipePoint d’attention
Options sur actionsDroit d’acheter des actions existantes à un prix fixé d’avanceImposition à l’octroi selon la loi du 26 mars 1999
WarrantsDroit de souscrire des actions nouvelles émises par la sociétéMême régime fiscal ; dilution des actionnaires existants
Actions ou parts attribuéesRemise directe de titres au collaborateurTraitée comme une rémunération : charges et impôt sur la valeur
Plan d’intéressement en cashPrime indexée sur la valorisation, sans titresSimple à mettre en place, mais fiscalement traité comme du salaire
Les quatre voies d’intéressement au capital en Belgique

Dans la pratique des entreprises technologiques belges, les deux premières lignes dominent. Le choix entre option et warrant relève surtout du droit des sociétés et de la structure de l’actionnariat ; du point de vue du bénéficiaire, le traitement fiscal est comparable. Le warrant a la faveur des sociétés jeunes, parce qu’il ne suppose pas qu’un actionnaire existant accepte de céder ses titres ; il crée en revanche une dilution qu’il faut avoir anticipée dans le pacte.

Documents juridiques et fiscaux d'un plan d'options sur actions belge sur un bureau

Le régime fiscal belge, expliqué simplement

La loi du 26 mars 1999 relative au plan d’action belge pour l’emploi pose le principe : l’octroi d’une option constitue un avantage imposable au moment où elle est attribuée, et non au moment où elle est exercée ou revendue. Lorsque l’option n’est pas cotée, l’avantage est fixé forfaitairement à un pourcentage de la valeur des actions sous-jacentes au moment de l’offre.

Ce pourcentage s’élève à 18 %, majoré de 1 % par année au-delà de la cinquième si l’option est accordée pour une durée supérieure à cinq ans. Il est réduit de moitié – donc à 9 % – lorsque quatre conditions sont réunies : le prix d’exercice est déterminé de manière certaine au moment de l’offre ; l’option ne peut être exercée ni avant la fin de la troisième année civile qui suit celle de l’offre, ni après la dixième ; elle ne peut être cédée entre vifs ; et l’employeur ne couvre pas le risque de baisse de valeur des actions.

La conséquence pour le candidat est directe et souvent mal anticipée : il paie un impôt sur une valeur théorique, plusieurs années avant de savoir si son option vaudra quelque chose. Si l’entreprise ne se vend jamais, ou se vend en dessous du prix d’exercice, l’impôt reste dû. Un Head of Sales expérimenté connaît ce mécanisme et le mettra sur la table ; un fondateur qui le découvre pendant la négociation perd en crédibilité.

L’avis de l’expert

Notre principe de transparence est inscrit dans nos valeurs : dire ce qui doit être dit, même quand c’est inconfortable. Concrètement, ça veut dire qu’on vous dira si votre fourchette salariale est désalignée avec le marché. Qu’on vous dira si le candidat que vous voulez absolument pose un drapeau rouge sur un point critique. Qu’on vous dira si la formation que vous demandez ne résoudra pas le problème que vous identifiez. Tout le monde dit aimer la transparence ; peu en assument le coût relationnel. Nous oui.

– La méthode Archetype, depuis 1993

Combien attribuer ? La question mal posée

Il n’existe pas de statistique publique fiable sur les enveloppes attribuées aux dirigeants commerciaux dans les entreprises belges non cotées. Les chiffres qui circulent proviennent de l’écosystème américain et se transposent mal, notamment parce que la fiscalité à l’octroi change l’équation. Plutôt que de chercher un pourcentage de référence, trois questions permettent de construire une proposition défendable.

  1. Quelle est la taille totale du pool d’intéressement, et qui d’autre doit y figurer ? Attribuer généreusement au premier recrutement de direction sans plan d’ensemble crée une injustice mécanique avec les suivants.
  2. Quel est le scénario de sortie réaliste, et à quel horizon ? L’intéressement au capital n’a de sens que si un événement de liquidité est plausible dans un délai compatible avec la carrière du candidat.
  3. Que vaut l’instrument, net d’impôt, dans le scénario médian ? C’est le seul calcul qui intéresse un candidat senior. Le présenter soi-même, y compris avec le coût fiscal immédiat, vaut mieux que de le laisser le découvrir.

La valorisation utilisée pour l’offre mérite une attention particulière. La loi prévoit, pour les sociétés non cotées, que la valeur des actions soit déterminée sur avis conforme du commissaire ou d’un réviseur d’entreprises. Ce n’est pas une formalité : c’est cette valeur qui sert de base au calcul de l’avantage imposable.

Vesting, cliff et départ : écrire les scénarios désagréables

Un plan d’intéressement se juge sur la manière dont il traite les situations difficiles, pas sur celle dont il traite le succès. Quatre points doivent figurer noir sur blanc dans la documentation remise au candidat.

  • L’acquisition progressive. Sur quelle durée, avec quelle période initiale sans acquisition, et sur quelle base – ancienneté seule ou ancienneté et atteinte d’objectifs ?
  • Le départ volontaire. Que devient la partie acquise, et selon quel calendrier ? La contrainte légale de blocage jusqu’à la troisième année civile complique les sorties anticipées.
  • Le licenciement. Le traitement doit distinguer les motifs, sans quoi le plan devient un sujet de contentieux qui vient s’ajouter à la rupture du contrat de travail.
  • La sortie de l’entreprise. Rang de paiement, clauses de préférence, traitement des instruments non exerçables au moment de l’opération.

Ces clauses relèvent du conseil juridique et fiscal de l’entreprise, et nous n’empiétons pas sur ce terrain. Notre rôle, au moment du recrutement, consiste à vérifier que le candidat comprend précisément ce qu’on lui propose. Un intéressement mal compris n’a aucune valeur de fidélisation : il ne produit ni engagement, ni patience, ni acceptation d’un fixe plus bas.

Comment présenter le plan à un candidat

La présentation compte presque autant que le contenu. Un dirigeant commercial expérimenté a souvent déjà connu un plan d’intéressement qui n’a rien donné ; il aborde le sujet avec scepticisme, et un discours enthousiaste sans chiffres renforce ce scepticisme. Ce qui fonctionne : un document d’une page, remis avant le dernier entretien, qui expose la valorisation retenue, le nombre d’instruments proposés, le calendrier d’acquisition, le coût fiscal estimé à l’octroi et le rendement dans deux ou trois scénarios de sortie.

Cette transparence a un effet secondaire utile : elle filtre. Un candidat qui recule devant un scénario médian modeste n’aurait pas tenu trois ans. Un candidat qui, au contraire, questionne les hypothèses de croissance et propose ses propres scénarios montre exactement le réflexe attendu d’un dirigeant commercial. La discussion sur l’intéressement devient alors un exercice d’évaluation à part entière.

Un point pratique : prévoyez le délai. L’acceptation écrite dans les soixante jours suivant l’offre conditionne le régime d’imposition à l’octroi. Un candidat qui reçoit sa documentation la veille de sa signature n’a pas le temps de consulter son propre conseil, et il reportera la décision – ou il l’acceptera sans la comprendre, ce qui revient à ne rien avoir offert.

Les trois erreurs les plus fréquentes

Présenter l’equity comme un complément de salaire. Un candidat qui accepte un fixe inférieur de 15 % contre une promesse de capital fait un pari, et il le sait. Le présenter autrement abîme la relation dès le premier trimestre difficile. La bonne pratique consiste à afficher un package compétitif hors intéressement, et à traiter le capital comme ce qu’il est : un alignement d’intérêts sur le long terme.

Décider seul, sans les investisseurs. Dans une entreprise financée, la taille du pool et les règles d’attribution figurent généralement dans le pacte d’actionnaires. Promettre au candidat un niveau qui devra ensuite être renégocié en conseil est la meilleure manière de perdre les deux mois de discussions qui viennent.

Négliger la part variable court terme. L’intéressement au capital ne remplace pas un plan de bonus. Un dirigeant commercial a besoin d’un horizon annuel lisible en plus de l’horizon de sortie. Les mécanismes disponibles, dont le bonus collectif encadré par la convention collective n° 90, sont détaillés dans notre article sur la rémunération variable des fonctions commerciales.

Quand l’intéressement au capital n’est pas la bonne réponse

Toutes les entreprises n’ont pas vocation à ouvrir leur capital, et beaucoup de dirigeants commerciaux expérimentés n’en font pas une condition. Dans une entreprise familiale, dans une filiale de groupe ou dans une société dont l’horizon de cession est lointain, un plan de bonus pluriannuel indexé sur des indicateurs de création de valeur remplit une fonction comparable, avec une lisibilité supérieure.

Le critère de décision est simple : proposez-vous une part d’un événement qui a une probabilité raisonnable de se produire ? Si la réponse est non, un mécanisme en cash sera plus motivant et plus honnête. Nous préférons dire cela au moment du brief plutôt que de laisser une offre séduisante sur le papier se heurter à la lucidité d’un candidat senior.

Ces arbitrages se préparent avant la recherche, en même temps que le scorecard et le partage des rôles avec le fondateur. Nous en détaillons la séquence dans notre article sur le bon moment pour recruter son premier Head of Sales, et nous examinons ce que le titulaire devra livrer dans ses premiers chantiers de prise de poste.

Un dernier mot de prudence : les règles fiscales applicables aux instruments de rémunération évoluent régulièrement en Belgique. Les principes exposés ici décrivent le cadre issu de la loi de 1999 tel qu’il s’applique aujourd’hui ; tout plan doit être validé par le conseil fiscal de l’entreprise avant d’être présenté à un candidat.

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